Pour une CAF et une sécurité sociale à la hauteur des enjeux, tous ensemble !

Pour une CAF et une sécurité sociale à la hauteur des enjeux, tous ensemble !

Assurés sociaux, personnels et élus, ensemble, pour une CAF et une sécurité sociale à la hauteur des enjeux.

Devant la dégradation des conditions de travail des salariés des Caisses d’ allocations familiales (CAF) et de la Caisse nationale des allocations familiales(CNAF), la Convergence nationale Services publics note avec satisfaction un accord intersyndical large pour une mobilisation nationale avec appel à la grève et délégation au ministère pour le mardi 29 juin 2021. Cet appel est signé par la CGT, FO, la CFDT, la CFTC, la CFE-CGC et SUD.

Il est inconcevable que les assurés sociaux de la Sécurité sociale et les personnels subissent en permanence les défaillances techniques et informatiques  ce qui entraîne des « bugs » avec rupture des droits laissant les salariés démunis et les allocataires, parfois sans ressources. En sus de ces défaillances en série, la nouvelle réforme des aides au logement de la Sécurité sociale est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase! Les conditions de travail mettent les salariés en souffrance car ils ne peuvent plus rendre un service de qualité aux allocataires. La politique continuelle de suppression d’emplois et les recrutements en contrats précaires non formés, est scandaleuse. De plus, la réforme de l’assurance-chômage prévue pour juillet 2021 va entraîner un surcroît de travail dans les CAF puisque ceux qui ne toucheront plus le chômage vont se retourner vers les CAF pour bénéficier du RSA.

Trop, c’est trop!

Voilà pourquoi la Convergence nationale Services publics, soutient avec détermination les revendications de l’intersyndicale de la branche famille de la Sécurité sociale à savoir l’arrêt des suppressions de postes, l’embauche de CDI et la titularisation de tous les CDD, un système informatique fiable, l’internalisation au sein de la CNAF des missions informatiques et l’augmentation du point d’indice.

Parce qu’elle se bat pour la reconquête de la Sécurité Sociale la Convergence nationale Services publics et ses collectifs locaux  appellent l’ensemble des assurés sociaux à soutenir cette manifestation nationale intersyndicale à participer à la campagne de la Convergence nationale et les différentes campagnes existantes, pour que notre  sécurité sociale aient les moyens de répondre aux besoins et aux enjeux d’aujourd’hui.

La Sécu, une reconquête vitale !

La Sécu, une reconquête vitale !

C’est pour poursuivre cette « reconquête » que la Convergence a organisé une visioconférence avec le journal l’Humanité, le 21 mai 2021 à l’occasion des 75 ans du vote de la loi Croizat.

Voir la visio

La Convergence nationale Services publics, ses collectifs et ses partenaires syndicaux, associatifs et politiques, ont décidé de lancer une campagne « Pour que vive la Sécurité Sociale !», prévue par le programme du Conseil national de la Résistance, pour les 75 ans des ordonnances des 4 et du 19 octobre 1945 et des 4 grandes lois d’Ambroise Croizat de 1946.
Les quatre conditions portées alors par les constructeurs de la Sécurité sociale furent, pour le régime général :
• la solidarité entre les branches de la Sécurité sociale (détruite par les ordonnances de Gaulle-Pompidou de 1967),
• le financement par le salaire socialisé (modifié d’abord par la Csg de Mitterrand-Rocard – et par chacun de ses successeurs),
• le principe de la solidarité (à chacun selon ses besoins, chacun y contribuant selon ses moyens) amenuisé à partir du forfait hospitalier du deuxième gouvernement Mitterrand-Mauroy et accentué par tous ses successeurs,
• et enfin, et ce ne fut pas le moindre, la gestion de la Sécurité sociale, non pas assurée par l’État ou le privé, mais directement par les représentants élus par les assurés sociaux représentant 75% des conseils d’administration (supprimée par le paritarisme des ordonnances de Gaulle-Pompidou de 1967 et par la décision de ne pas organiser l’élection en 1989 par Mitterrand-Rocard et puis par sa suppression en 1995 par Chirac – Juppé).
La Convergence Nationale Services Publics rappelle que le but de la Sécurité Sociale est d’assurer une protection de haut niveau de la naissance à la mort de tous les assurés sociaux et de leurs familles. La Convergence Nationale Services Publics propose que la Sécurité Sociale doit se réapproprier la définition de la santé de l’OMS de 1946 à savoir que la santé n’est pas l’absence de maladie et d’infirmité mais un état de bien-être physique, social et psychique. Elle doit donc prendre en charge tous les déterminants de la santé et combattre toutes les inégalités sociales de santé.
Cette campagne a débuté par l’appel de Saint-Étienne du 4 octobre 2020 signé par 38 organisations et par 75 personnalités. Elle s’est poursuivie par des réunions en visioconférence sur la Sécurité sociale intégrale (100% Sécu), sur la branche Autonomie, sur le nécessaire pôle public du médicament et contre la privatisation de la santé, sur la nécessité d’un retour à la gestion de la Sécurité Sociale par les assurés sociaux et sur la mobilisation et le rassemblement indispensable pour cette reconquête d’une Sécurité Sociale solidaire avec l’appel du 22 mai. Cette reconquête doit d’abord porter sur les branches Santé-Assurance-maladie, Retraites, Famille (avec ses prestations familiales, logement et précarité), Accidents du travail et maladies professionnelles et Autonomie. Mais elle doit aussi viser à élargir la protection sociale pour assurer la sécurité du salaire, du logement, de l’alimentation, en lien avec les services publics. Un appel commun entre la Convergence nationale Services publics et la Coordination nationale des lieux de culture occupés a entraîné une conférence de presse nationale pour présenter les dizaines de manifestations prévues le 22 mai demandant une année « blanche » pour l’assurance-chômage et l’abrogation du décret du 30 mars (avec un recours auprès du Conseil d’Etat qui sera déposé le 21 mai) ainsi que des nouveaux droits sociaux et la défense de la sécurité sociale. Un autre partenariat a été scéllé entre la Convergence et le journal L’humanité.
Le Conseil d’administration de la Convergence a également, mis en discussion une initiative de la Convergence, de ses collectifs et de ses partenaires fin septembre ou début octobre aux fins de mobiliser, d’abord contre le PLFSS, puis durant l’année 2021 et 2022 jusqu’au 24 avril 2022, 75ème anniversaire des premières élections de la Sécurité sociale.
La Convergence appelle donc les assurés sociaux à créer des collectifs locaux de la Convergence et de s’y rassembler et assurer une forte mobilisation pour une refondation solidaire de la Sécurité Sociale dont notre pays a fort besoin. Dit autrement, la Convergence souhaite engager avec le plus grand nombre la problématique suivante : « Quel plan de reconquête de la Sécurité sociale ? » en reposant les questions écartées par le capitalisme néolibéral à savoir la satisfaction des besoins de santé de toute la population, la démocratie et le financement nécessaire.

visio 21 mai

Pour le retrait de la réforme de l’Assurance chômage, pour notre Sécurité sociale et la conquête de nouveaux droits

Pour le retrait de la réforme de l’Assurance chômage, pour notre Sécurité sociale et la conquête de nouveaux droits

Il y a plus d’un an, Macron nous promettait, la main sur le cœur : «aucune Française, aucun Français ne sera laissé sans ressources».
Aujourd’hui, alors que plus d’un million de personnes supplémentaires ont basculé dans la pauvreté, que fait le gouvernement ? Une réforme de l’assurance-chômage baissant les allocations de plus d’un million de personnes. Des salariés ayant perdu des emplois au SMIC pourraient passer de 966 € d’allocation mensuelle à 219€, mal­gré le « plancher » soi-disant institué par le gouvernement ! Une réforme déjà censurée par le Conseil d’État, dénoncée par tous les syndicats et dont l’UNEDIC démontre les effets catastrophiques. Ces effets n’ont pas été anticipés par ceux-là même qui proposent cette réforme, dévoilant une fois de plus leur incompétence et leur désinvolture vis à vis des gens.
Le gouvernement l’écrit noir sur blanc à l’Union Européenne : pour «relancer la France», les plus précaires et l’ensemble des travailleurs doivent payer la crise, encore une fois. Encore et toujours, en sacrifiant notre modèle social : casse de l’assurance-chômage, réforme des retraites relancée,
Pour les riches et le capital, en revanche, c’est la dolce vita : +55% pour la fortune des milliardaires français en un an de crise sanitaire (130 milliards d’euros), 51 milliards de dividendes versés aux actionnaires du CAC40. Et le gouvernement laisse faire. Et Macron ose nous faire la leçon : «Heureusement que nous avons réduit les impôts» des plus riches et supprimé l’ISF.
Sur tous les sujets, ils prennent les citoyens pour des «gens qui ne sont rien», leur mentant, promettant tout pour au final ne rien faire : «le vaccin doit être un bien public mondial», mais ils votent contre la levée des bre­vets des firmes pharmaceutiques, «un plan massif d’investissement de revalorisation» dans les hôpitaux», mais des lits continuent d’être supprimés. Un an de gestion autoritaire de la crise sanitaire, par un homme seul dans son Palais de l’Élysée, nous mettant pendant 6 mois sous couvre-feu, sans discussions, pendant que les million­naires s’organisent des dîners clandestins.
Ce printemps, face aux attaques répétées du capital servi par un gouvernement méprisant, sortons pour expri­mer notre colère tous et toutes ensemble en même temps,
Ce printemps, sortons pour obtenir avant l’été le retrait de la réforme de l’assurance-chômage et la prolongation des droits au chômage jusqu’à un an après la reprise pour tous les travailleuses et travailleurs en emploi dis­continu. Les jeunes de moins de 25 ans doivent pouvoir toucher le RSA.
Ce printemps, sortons pour défendre nos conquis sociaux, et obtenir de nouveaux droits : une extension de la Sécurité sociale pour tous et toutes, incluant l’assurance-chômage, avec des droits attachés à la personne et non à l’emploi, un revenu pour les jeunes sur le modèle des retraites de nos aînés obtenues après-guerre. Une Sécurité qui protège contre tous les aléas de la vie, telle que l’a pensée son artisan, le ministre ouvrier Ambroise Croizat il y a 75 ans !
C’est pourquoi, dans le cadre de l’appel de la Coordination nationale des lieux occupés à une nouvelle journée de mobilisation pour le retrait de la réforme de l’assurance-chômage, et de celui de la Convergence nationale Ser­vices publics, nous joignons nos forces ce samedi 22 mai pour exiger le retrait de la réforme de l’assurance-chô­mage et en défense de la sécurité sociale !

Pour notre droit à une vie digne, notre droit au bonheur !
«Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu». Berthold Brecht

Cadre d’action : cet événement se veut fédérateur et rassembleur et vise ainsi à permettre à tous et toutes, fa­milles, enfants, anciens, de venir manifester leur opposition à la destruction permanente de notre héritage social et porter de nouvelles conquêtes. Son cadre d’action est donc pacifique, une banderole unitaire sera placée en tête de cortège derrière laquelle défileront intermittents de l’emploi, chômeurs, précaires, étudiants, soignants et travailleurs de tous horizons.

Appel pour faire du 22 mai une journée d’action pour la Sécu

Appel pour faire du  22 mai une journée d’action pour la Sécu

Après avoir initié le 4 octobre 2020 à Saint-Étienne l’appel « Pour que vive la Sécu! » la Convergence des Services publics a proposé aux organisations signataires de ce texte de travailler à une nouvelle initiative le 22 mai pour les 75 ans  du vote  instituant le « régime général » de la Sécurité Sociale.

Ce nouvel appel a déjà été signé par personnalités et représentants d’organisations syndicales, associatives et politiques et publié dans l’Humanité.

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75 ans de la Sécu : 75 personnalités signent pour que vive la Sécurité Sociale

75 ans de la Sécu : 75 personnalités signent pour que vive la Sécurité Sociale

Malgré la crise sanitaire la politique de destruction de la sécurité sociale et des services publics se poursuit : report de la dette COVID avec un taux d’intérêt supérieur à celui auquel l’État a droit., fermetures de lits, urgences menacées et leur gratuité supprimée, … et Bruno Lemaire annonce une attaque en règle sur le régime des retraites !

La sécurité sociale, bâtie par Ambroise Croizat à l’après-guerre dans la droite ligne du programme les jours heureux du Conseil National de la Résistance, n’a jamais été aussi directement et frontalement attaquée. Face à cette volonté manifeste de destruction de notre bien commun, nous devons redonner vie et sens en ce 21ème siècle aux principes fondateurs de la Sécurité sociale : unicité (institution unique et obligatoire), universalité (couverture de tous les citoyens), l’uniformité des prestations, solidarité (en cotisant selon ses moyens et en recevant selon ses besoins) et démocratie.

Dans la continuité du colloque du 2 octobre 2020 à l’Ecole Nationale Supérieure de la Sécurité Sociale à St Etienne initiée par la Convergence Nationale des Collectifs de Défense et de Développement des Services Publics pour les 75 ans de la Sécurité Sociale, 37 organisations syndicales (CGT, Confédération paysanne, FSU, UNEF, Solidaires), associatives (Alternative mutualiste, ATTAC, CNAFAL, CNL, Collectif des associations citoyennes, DAL, Convergence services publics, Coordination nationale des hôpitaux publics et maternité de proximités, Fondation Copernic, Les économistes atterrés, People Health Mouvement France, Réseau éducation populaire, Résistance Sociale, UFAL, Union Syndicale de la Psychiatrie, UNRPA Ensembles & Solidaires,) et l’ensemble des partis de gauche et écologistes lancent un appel « Pour que Vive le Sécurité Sociale ! » et demandent à nos concitoyens de le signer .

Signez l'appel

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Liste des 75 premiers signataires

Pierre CAILLAUD-CROIZAT petit-fils d’Ambroise Croizat, Michel ETIEVENT historien, Anne GERVAIS Hépatologue AP/HP, Claire GIARDELLI artiste musicienne, André GRIMALDI Professeur émérite, Jean-Noël LAURENTI universitaire, Gilles PERRET réalisateur-, Fréderic PIERRU chercheur, Christophe PRUDHOMME Urgentiste Samu 93 porte-parole AMUF, Fréderic STAMBACH médecin généraliste, Daniel WALLACH médecin honoraire des Hôpitaux de Paris,
Rémi AUFRERE PRIVEL Syndicaliste FGTE CFDT Transports, Marinette BACHE présidente de Résistance Sociale, Francis BALAY président Alternative Mutualiste, Michel BAROU porte-parole de la Confédération Paysanne, Julien BAYOU secrétaire EELV, Olivier BESANCENOT porte-parole NPA, Frédéric BOCCARA Economiste PCF membre CESE, Jean-Claude BOUAL Collectif des Associations Citoyennes, Marylène CAHOUET FSU, Mireille CARROT membre de la direction confédérale de la CGT, Jean-Claude CHAILLEY secrétaire de Résistance Sociale, Marlène COLLINEAU adjointe à la maire de Nantes élue métropolitaine GDS, Alain COULOMBEL porte-parole EELV, Nathalie COUTINET Economistes atterrés, Marc Méric DE BELLETON Co-secrétaire Jeunes Ecologistes, Anne DE HARO GDS, lanceuse d’alerte et conseillère municipale de Combs-la-Ville, Arnaud DE MORGNY coordonnateur GRS IDF, Jean-Marc DEVAUCHELLE, Secrétaire Sud Santé Sociaux, Alexandre DI CIOCCIO Administrateur Mutuale, Nelly DI GIOVANNI Administratrice UNRPA, Gérard FILOCHE GDS, Francisco GARCIA président UNRPA, Christian GAUDRAY président UFAL, Alain GAULON secrétaire confédéral CNL, Delphine GLACHANT présidente de l’Union Syndicale de la Psychiatrie, Murielle GUILBERT Codéléguée générale de Solidaires, Aneth HEMBERT Cosecrétaire Jeunes Ecologistes, Eddie JACQUEMART président CNL, Michel JALLAMION président de la Convergence nationale des services publics, Régis JUANICO député Génération.s, Christian KHALIFA président de l’INDECOSA-CGT, Jean LAFONT cofondateur PEPS, Jean-Luc LAURENT président MRC, Pierre LAURENT vice-président du Sénat PCF, Michèle LEFLON présidente Coordination des Hôpitaux et Maternités de proximité, Claire LEJEUNE Jeunes Ecologistes, Marie-Noëlle LIENNEMAN Sénatrice GRS, Benjamin LUCAS coordinateur Génération.s, Jean-Claude MAMET Ensemble !, Emmanuel MAUREL député européen GRS, Jean-Luc MELENCHON député président du groupe LFI à l’AN, Corinne NARASSIGUIN secrétaire nationale du PS, Evelyne NGO secrétaire nationale de Solidaires, Vladimir NIEDDU Peoples Health Movement Europe, Olivier NOBILE délégué national UFAL, Mathilde PANOT députée FI, Catherine PERRET secrétaire confédérale CGT, Nicolas POMIES UFAL, Raymonde PONCET sénatrice EELV, Christine POUPIN porte-parole NPA, Philippe POUTOU porte-parole NPA, Raphaël PRADEAU porte-parole ATTAC, Adrien QUATENNENS député coordinateur FI, Claire RABES secrétaire nationale PS, Sandrine ROUSSEAU porte-parole EELV, Fabien ROUSSEL député secrétaire du PCF, Frédéric SANCHEZ secrétaire CGT-FTM, Patrice SIARD Secrétaire général R&S, Sophie TAILLE-POLLIAN sénatrice coordinatrice Génération.s, Bernard TEPER Co-animateur Réseau Education Populaire, Benoît TESTE secrétaire général FSU, Aurélie TROUVE porte-parole d’ATTAC, Evelyne VAN DER HEYME Notre Santé en Danger, Pierre ZILBER Président Mutuale.

Réponse d’Olivier Nobile à la réaction d’Henri Sterdiniak

L’argumentaire développé par Henri Sterdyniak nécessite un droit de réponse de ma part. Tout d’abord, car Henri Sterdyniak est un analyste sérieux et pour lequel j’ai un grand respect au sein du champ de l’économie hétérodoxe. Il est en particulier l’un des rares économistes français qui ait développé depuis des décennies une connaissance étendue et précise des questions sociales en plaçant les enjeux de protection sociale au cœur du débat économique de notre pays. Débattre avec Henri Sterdyniak est donc stimulant à plus d’un titre. D’autant plus que Henri Sterdyniak défend une position qui est au cœur du débat fondamental qui oppose deux approches contradictoires (mais pas irréconciliables, fort heureusement !) qui traversent la gauche française au sujet de la protection sociale.
Henri Sterdyniak résume cette contradiction doctrinale en opposant les tenants d’une approche syndicaliste (à laquelle j’appartiendrais) et ceux qui défendent une vision réaliste dont il se réclame. Je ne prends nullement ombrage de cette classification doctrinale qui me rapprocherait de facto de l’action politique des syndicats (il faudrait néanmoins déterminer lesquels car le champ syndical est lui-même traversé par d’importants clivages en matière de questions sociales), mais j’en réfute les termes.
Pour ma part, je revendique un ancrage doctrinal de gauche républicaine de tradition jaurésienne dans laquelle la Sécurité sociale française s’inscrit au cœur du projet de République sociale. Il s’agit de concilier un projet politique de rupture avec le capitalisme fondé sur la reconnaissance de droits spécifiques de la classe des travailleurs face aux détenteurs des moyens de production, et une vision républicaine et démocratique de la société, dont le caractère laïque et social conférerait au peuple souverain les armes de son émancipation politique, sociale et idéologique. Dans ce projet de République sociale, la Sécurité sociale n’est pas seulement un dispositif de Protection sociale mais devient une institution du Droit social républicain par laquelle la classe des travailleurs acquiert une reconnaissance statutaire (au sein du salariat) incluant des droits sociaux directs (et non dérivés) parallèlement à l’exercice d’un pouvoir politique et démocratique étendu à la sphère économique. La Sécurité sociale poursuit en son sein un objectif distributif (horizontal) de ressources salariales, réparti égalitairement entre l’ensemble des travailleurs, et participant directement sur la répartition de la valeur économique.

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Financement de la Sécu : le gouvernement doit revoir sa copie !

Financement de la Sécu : le gouvernement doit revoir sa copie !

Nous pouvions légitimement attendre que le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) 2021 engage des ruptures claires et mesurables, après plus de 25 ans d’organisation de baisses des dépenses de santé : la crise sanitaire, l’état de délabrement de notre système de santé dont les hôpitaux publics, les immenses besoins de nos concitoyen·ne·s subissant précarité, chômage et pauvreté méritant bien de mettre les moyens en conséquence, « quoiqu’il en coûte » !

Et bien non ! Le gouvernement entend même, avec cynisme, utiliser l’état de sidération dans lequel se trouve le pays, pour aller plus loin dans sa stratégie ultra-libérale et transférer ses engagements, à travers la dette, à la Sécurité sociale.
Ainsi le gouvernement de Macron / Castex / Véran fait une pierre deux coups :

  • il présente comme « historique » les mesures prises lors de la première phase de l’épidémie et les mesures du « Ségur de la Santé », les isole, pour mieux camoufler qu’il a bien l’intention de faire vite et fort dans l’assèchement des ressources de la Sécurité sociale, en s’attaquant aux droits collectifs et sociaux,
  • il prétend prendre des mesures exceptionnelles, alors qu’il n’a qu’un objectif : exonérer les entreprises et le capital financier de ses responsabilités sociales !

Le résultat de cette stratégie inique qui précipite notre système de protection sociale et de santé dans la privatisation, est illustré par une prévision de l’Objectif National des Dépenses d’Assurance Maladie (ONDAM) 2021, hors dépenses COVID et « Ségur de la santé », à seulement 2,5%, tablant sur 4 milliards de dépenses moindres pour la Sécurité sociale et 800 millions pour les établissements hospitaliers.
Alors que les exonérations patronales vont frôler les 100 milliards- au nom de l’emploi, le PLFSS introduit une mesure de forfait de 18 euros pour toutes les personnes passant aux urgences sans hospitalisation, prétextant les dissuader d’y venir, alors même que s’installent dans nombre de régions rurales et suburbaines des déserts médicaux qui perdurent. Quel mépris, quel cynisme pour ces millions de personnes qui vont renoncer et/ou prendre du retard dans l’accès aux soins !
Profitant d’un débat un peu abscons, peu couvert par les médias, soit-dit en passant, le gouvernement a introduit un amendement qui porte un coup au caractère public des centres de santé et veut en limiter leur implantation, alors qu’aucun gouvernement n’a voulu limiter l’installation des libéraux !
Pour ne pas être en reste, la majorité de droite du Sénat, vient, sans en avoir l’air, d’accélérer la mise en œuvre des mesures régressives de la réforme Touraine des retraites, tel que le report de l’âge légal de départ en retraite de 62 à 63 ans et l’allongement à 43 annuités  de cotisations dès la génération 1965 pour une retraite complète. Là aussi avec un cynisme sans nom et donnant ainsi toute satisfaction au patronat !
Enfin, le gouvernement pensait « créer l’évènement » avec la création de la « 5ème branche de l’autonomie » : c’est la montagne qui accouche d’une souris, en matière de non inscription de droits et de financements nouveaux. Seul est prévu un transfert de recettes existantes, vers la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) qui a peu à voir avec la Sécurité sociale. En vérité c’est une étape camouflée d’éclatement de celle-ci avec détournement de ses ressources.
Au final ce PLFSS 2021 va être marqué par la vaste opération du gouvernement à faire payer à la Sécu le transfert de sa dette qui nourrit les marchés financiers, à travers les 136 milliards d’euros de la Caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES). Dès 2021 , 17 milliards vont être remboursés par la CSG et la Contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) , c’est-à-dire l’ensemble des travailleurs !
La seule question à l’ordre du jour : reconquérir une Sécurité sociale solidaire et du 21ème siècle : c’est le sens de l’Appel « Pour que vive la Sécu ! » que nous avons initié à l’occasion des 75ans de la Sécurité Sociale à Saint Étienne.
Mettons en commun nos énergies, notre créativité, pour combattre le projet austéritaire du gouvernement et construire des alternatives humaines et démocratiques.

Pour soutenir l’Appel Signez l'appel

Réponse Henri Sterdyniak à Olivier Nobile sur le texte « La bataille de la cotisation »

Bien que je partage beaucoup de ses objectifs, je suis en désaccord avec ses propositions qui me semblent socialement et économiquement erronées.
Deux positions s’opposent, parmi les économistes social-protectionnistes (ceux qui sont attachés au maintien et au développement de la protection sociale), mais aussi parmi les syndicalistes et les forces politiques se réclamant du mouvement social. Pour les syndicalistes, la Sécurité sociale est intimement liée au salariat ; elle ne doit être financée que par des cotisations sociales assises sur les salaires, cela fondant le droit des salariés à recevoir des prestations et le droit de leurs syndicats à gérer la Sécurité sociale. La lutte pour la Sécurité sociale est indissociable de la lutte des travailleurs contre le patronat pour l’augmentation des salaires. C’est la position d’Olivier Nobile. Pour les réalistes, dont je suis, la protection sociale comporte des prestations universelles (comme la famille ou la maladie) et des prestations d’assistance, qui n’ont plus de liens avec le salariat ;l es prestations universelles sont maintenant des droits des citoyens plutôt que des salariés ; il est légitime de taxer les revenus du capital pour financer ces prestations sociales qui ne sont pas liées à l’activité, à la fois pour des raisons de justice fiscale que pour décourager la substitution capital/travail. Par ailleurs, nous sommes dans une économie mixte ; la Protection sociale doit être défendue en elle-même et, je dirai même au risque de choquer, indépendamment du combat pour le partage de la valeur ajoutée.

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Revenir à l’ambition du projet initial de Sécurité Sociale

L’objectif de République et Socialisme est d’apporter sa contribution à l’avènement de la République Sociale, telle que Jean Jaurès l’a conçue. Le système français de Sécurité Sociale constitue un élément-clé de ce projet qu’il convient de défendre et développer avec détermination. Le programme du Conseil national de la résistance du 15 mars 1944 prévoyait « (la création) d’un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’Etat ».

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Avant 1945 : de l’insécurité sociale à la sécurité sociale

A l’heure ou émerge l’idée d’une nécessaire campagne de longue durée pour reconquérir la Sécurité sociale il nous semble utile de revenir sur ses premiers pas . Mais pour comprendre toute la valeur d’un dispositif institutionnel de type Sécurité sociale, tel que mis en place en 1945-46 en France, il importe non seulement de s’intéresser à sa mise en place – ce qui est très important et peu fait même si çà bouge sur ce point en ce moment avec les 75 ans de la Sécu – mais aussi à l’émergence de la notion de « protection sociale » après 1789 et durant tout le XIX ème siècle et ensuite avec la première moitié du XXème siècle.

Cette émergence de la notion de nécessaire protection sociale s’appuie sur le besoin de mécanismes de solidarité contre les divers moments de fragilité et de dureté de la vie ouvrière à cette époque, dureté qui n’a rien de naturelle. Cette notion forte d’un degré supérieur de civilisation a pris consistance dans des luttes sociale tout à la fois contre le patronat et contre l’Église car pour ces derniers soit il y avait simplement à prendre acte de la lutte individuelle pour la vie (darwinisme social avant l’heure) avec tout son cynisme et sa barbarie, soit il fallait se satisfaire de la seule charité chrétienne avec toutes ses limites.

C’est bien pendant le XIXème siècle que les ouvriers, vivant dans l’insécurité et la misère, durent par des luttes, imposer l’idée de « protection sociale » comme solidarité organisée et même solidarité auto-organisée pour les invalidités, les maladies, les fragilités de l’âge, etc… face aux insuffisances manifestes de la charité. La charité c’est tout ce que proposaient tout à la fois l’Église et le patronat face aux risques, aux maladies. Il était rare qu’ils aillent plus loin sans rapport de force. D’un côté on avait donc les œuvres de charité de l’Église et de l’autre les œuvres ouvrières sous forme de mutuelles couvrant les risques de la vie. Lire la suite