Non à la casse d’Électricité de France (EDF)

Non à la casse d’Électricité de France (EDF)

Dans un projet dénommé « Hercule » la direction du groupe EDF entend démanteler le groupe. Ce projet strictement financier ne présente aucun intérêt, pour les usagers.
EDF est un groupe industriel de service public qui produit de l’électricité à des tarifs très compétitifs dans l’intérêt des citoyens français et de l’économie nationale. Le transport et la distribution d’électricité sont effectués de manière équitable, sans privilégier la ville au détriment de la campagne grâce à une péréquation du prix garanti par le tarif réglementé. Le prix moyen de l’électricité en France reste l’un des plus bas d’Europe malgré certains choix politiques à contre sens, et avec un bilan carbone parmi les plus faibles d’Europe.
Or le projet « Hercule » vise à découper le Groupe en deux avec des risques pour les usagers :

  • augmenter, différencier les tarifs de l’électricité selon les régions, selon les usagers,
  • réduire les investissements dans les réseaux et leur maintenance, affaiblissant la sécurité

Qualité en baisse, prix en hausse !

Dans le même temps des groupes privés se partageront les productions innovantes, écologiques, porteuses d’avenir et surtout de dividendes pour leurs actionnaires.”
Cette proposition de démantèlement d’EDF est faite après celle de la privatisation des 150 plus grands barrages hydrauliques. La Convergence dénonce le fait que le gouvernement est prêt à se plier à cette injonction européenne alors que les États ne sont nullement tenus de le faire (l’Allemagne et le Portugal l’ont définitivement rejetée). Ces manœuvres ont entrainés un gel des investissements qui n’auraient été amorti qu’au bout de 40 à 50 ans, alors qu’un potentiel de quasi-doublement de la capacité hydroélectrique a été identifié par EDF.
Nous sommes vraiment dans le dogme libéral “privatisation des profits – socialisation des pertes« .
L’énergie doit continuer à relever entièrement du service public de l’énergie. C’est un enjeu majeur et la condition pour :

  • préserver les tarifs, les emplois les conditions de travail et la qualité du service public,
  • développer à la hauteur des besoins la recherche et la mise en œuvre de l’énergie durable propre et non dangereuse dont nous avons besoin.

 La Convergence de Défense des Services publics refuse ce projet Hercule et appelle à la mobilisation citoyenne.

Retrait de la loi « Sécurité globale »

Retrait de la loi « Sécurité globale »

La Convergence des Services Publics se félicite de l’ampleur des mobilisations qui ont eu lieu dans toute la France samedi dernier auxquelles elle a appelé contre le projet de loi « sécurité globale » présenté en procédure accélérée et adoptée par l’Assemblée nationale le 17 novembre dernier.
La Convergence Services Publics s’oppose notamment à toute privatisation des fonctions de la Police et de la Gendarmerie au profit du secteur de la sécurité privée, et à l’extension des prérogatives des polices municipales. Elle réaffirme son attachement à des forces de l’ordre relevant de la Fonction Publique et, en tant que telles, recrutées, formées et assermentées.

Profitant de l’occasion offerte par ce texte, le gouvernement lui a accolé un 3ème volet sur la protection des fonctionnaires de police et des militaires. À juste titre, de nombreux points de cette loi ne comprenant pas moins de 30 articles, sont contestés. Le principal (article 24) concerne la limitation de la captation d’images sur le terrain, notamment lors des opérations de maintien de l’ordre.
La diffusion, en direct sur les réseaux sociaux, d’images de manifestations a permis, ces dernières années, la mise au jour de nombreux cas de violences policières. Ce texte permettrait aux forces de l’ordre de cacher leurs dérapages et poursuivre leur répression en toute impunité, privant les citoyens de tout moyen de contrôle ou de dénonciation.
L’article 22 autoriserait aussi la surveillance de masse, par des caméras aéroportées (drones ou hélicoptères), notamment lors de rassemblements sur la voie publique. La reconnaissance faciale pourrait également être utilisée.
On restreindrait ainsi la possibilité de filmer la police et on renforcerait celle de filmer les citoyens. Cette proposition de loi est liberticide car elle porte atteinte à la liberté d’informer et à la protection de la vie privée. Elle vise à dissuader les citoyens d’exercer leur droit à manifester.
En tant que Service Public, la Police et la Gendarmerie doivent être au service des citoyens et non au service exclusif du pouvoir en place. Avec ce texte, le gouvernement veut donner des gages dangereux à l’extrême droite.
La Convergence s’insurge du glissement de policier « gardien de la paix » en outil de répression du gouvernement quand sa politique d’austérité se heurte à des contestations politiques et sociales d’envergure. Limiter les possibilités de mobilisations citoyennes par des décisions préfectorales iniques et utiliser la crainte des manifestants de subir un déchaînement de violence n’a rien de républicain.
La Convergence réclame donc un grand débat public ayant pour objectif de refonder une police républicaine au service exclusif de la protection de nos libertés, des personnes et des biens. Elle doit disposer des effectifs et des moyens nécessaires à ces missions.
Le service public de la police doit notamment garantir la liberté de manifester et la liberté d’expression, non les contraindre. Un contrôle des élus et des citoyens doit être instauré.
La Convergence des Services publics exige le retrait de cette proposition de loi, et, en cas de refus, demande instamment aux parlementaires de ne pas voter cette loi qui porte une atteinte sans précédent à l’État de droit.

Faire passer le train de nuit Paris – Briançon par Pertuis en 2021

Faire passer le train de nuit Paris – Briançon par Pertuis en 2021

Plusieurs collectifs d’usagers des Alpes du Sud militent depuis cet été pour que le train de nuit Briançon-Paris passe par Pertuis pendant la durée des travaux (9 mois) sur les lignes Veynes-Valence et Veynes-Grenoble. Ce projet n’a rien de farfelu mais la SNCF n’en veut pas et s’entête à vouloir un service de car couteux et polluant pour remplacer le train.

Les maires et leurs conseils municipaux demandent aussi de maintenir cette ligne de vie indispensable. Comme personne ne juge bon de leur répondre les collectifs s’adressent au gouvernement pour s’étonner comment de telles décisions peuvent-elles être prises depuis Paris sans échange avec les élus du territoire au moment où les Alpes du sud nourrissaient l’espoir de sortir au plus vite d’une année terrible d’isolement et de mise à l’arrêt des activités sociales, culturelles, sportives que les aides de l’Etat peinent à compenser.

Ils soulignent combien « un tel manque de dialogue, et de souplesse dans l’exploitation, discrédite les annonces récentes de relance des trains de nuit et du fret ferroviaire »

Ils appellent les Ministres « instamment à reprendre en main ce dossier et à prendre, en lien avec le territoire, la seule bonne décision qui s’impose : faire circuler le train de nuit Paris – Briançon via la ligne Cavaillon-Pertuis en 2021 »

A Tours, pour une régie publique de l’eau !

A Tours, pour une régie publique de l’eau !

A Tours comme ailleurs, l’eau , c’est un bien commun, qui doit être gérée en régie publique!

En Indre et Loire, de plus en plus d’élus prennent leurs responsabilité et mettent en place des régies publiques, ainsi dans les communautés de communes de Chinon et Loches.
Dans la métropole de Tours (300 000 habitants), la majorité de la population est desservie par des régies publiques, avec en premier lieu, l’ancienne régie publique de Tours.
Le vice-président de la métropole en charge du dossier a la particularité d’être un adepte de la délégation. Comme il y a une montée de la demande de mise en place d’une régie , les manœuvres s’engagent… On nous évoque un projet de société d’économie mixte! On virerait Véolia et on lui offrirait un nouveau fauteuil en la faisant passer par la fenêtre (à moi les bons contrats de la métropole…).
La dernière manip a été la tentative de supprimer en catimini la tarification sociale pour le 40 premiers m3 de la ville de Saint-Pierre-des-Corps et de réduire parallèlement la tarification pour les gros consommateurs d’eau…
Avec l’association Eau-Touraine, nous avons alerté les élus progressistes de la métropole de ce mauvais coups.
Éventé, le mauvais coup a raté. Le point a été retiré in extremis de l’ordre du jour.
Avec Eau-Touraine, la Convergence 37 demande la mise à plat des dossiers,… et le débat sur la régie publique!

Le collectif « Plus jamais ça » » s’adresse aux parlementaires

Le collectif « Plus jamais ça » » s’adresse aux parlementaires

Le 27 mars dernier, 18 organisations dont la Convergence des Services publics appelaient, dans une tribune commune, le gouvernement à préparer « le jour d’après » en considérant que la crise sanitaire mettait au jour l’urgence sociale et environnementale et donc la nécessité d’une remise à plat totale des orientations politiques en France et dans le monde, tant en matière économique, sociale, qu’environnementale et démocratique.

En mai elles présentaient un plan de sortie de crise qui formulait 38 propositions pour répondre à 9 objectifs.

Aujourd’hui , 8 mois après la première tribune elles s’adressent aux parlementaires pour faire état de leur analyse de la situation et  se sont adressé dans une lettre ouverte aux parlementaires, elles appellent à la mobilisation pour construire je « jour d’après »

Lire la suite

Aubrac : toujours pas de réponse de l’État

Aubrac : toujours pas de réponse de l’État

Le 19 octobre 2020, le Comité pluraliste de défense de la ligne SNCF Paris – Clermont-Ferrand – Béziers appelait les élus concernés par la ligne à signer la demande de renouvellement de la convention qui lie L’État, les Conseils Régionaux, La SNCF pour que l’infrastructure ferroviaire de Béziers à Clermont-Ferrand soit correctement entretenue et modernisée pour lever toutes les interdictions et limitations de vitesse, que le train « Aubrac » continue d’être un train d’équilibre du territoire inter cité avec du matériel rénové et bi-mode. »
A ce jour, et ce n’est pas définitif : huit Sénateurs, huit Députés, 2 Conseils Départementaux, Pays du Haut Languedoc et Vignoble, 3 Communautés de Communes, 156 Communes, 4 Vice-présidents des Conseils Régionaux Occitanie et AURA, ont soutenu, par leurs signatures et interventions la démarche du collectif.
Les Conseils Régionaux Occitanie et AURA ont déjà fait part de leur volonté de s’engager et de participer financièrement au maintien et au développement de la ligne de « l’Aubrac ».

L’État et SNCF Réseau vont-ils avoir cette même volonté ?

C’est de la responsabilité du Gouvernement.

Au niveau Européen, les États membres dont la France se sont engagés pour réduire de 50 % le CO2 à l’horizon de 2030. Rappelons que les transports routiers et autoroutiers représentent 96 % de ces émissions sur la part des 34 % des émissions de CO2 totales dues aux transports.
L’État doit respecter ses engagements européens, nationaux, et les conclusions de la Convention Citoyenne pour le climat avec des actes concrets. Va-t-il respecter les volontés exprimées par les élus et les populations. Dans les jours qui viennent, le gouvernement a une occasion réelle de le prouver. Des négociations sont en cours.
L’avenir appartient à un mode de transport non polluant. Le rail Service Public en est le vecteur principal.

28 novembre : Marchons pour les libertés, avec la Convergence

28 novembre : Marchons pour les libertés, avec la Convergence

La coordination « StopLoiSecuriteGlobale », composée de syndicats, sociétés, collectifs, associations de journalistes et de réalisateurs, confédérations syndicales, associations, organisations de défense de droits humains, comités de familles de victimes, de collectifs de quartiers populaires, d’exilés, de gilets jaunes, appelle toutes et tous à signer cet appel, à se mobiliser et à organiser des Marches des Libertés partout en France ce samedi 28 novembre 2020. Nous ne resterons pas silencieux•ses ni assis•es, nous ne laisserons pas la France devenir une démocratie illibérale sans réagir.

Nous appelons à participer aux Marches des Libertés organisées partout en France, à Paris et dans de nombreuses autres villes, ce samedi 28 novembre 2020.

Lire la suite

L’avenir du Centre parisien d’information et de documentation de la jeunesse

L’avenir du Centre parisien d’information et de documentation de la jeunesse

Comme le relate la dépêche AFP du 26 octobre, « Le Centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ) devra quitter ses locaux près de la Tour Eiffel en fin d’année, victime d’un conflit financier entre les institutions, a regretté mardi sa présidente Marie Richard. Les institutions se renvoient la balle et aucune alternative satisfaisante n’a pour l’heure été présentée au Centre, qui informe 100.000 jeunes tous les ans sur des questions d’orientation et d’emploi ».

Les salariés du CIDJ et les jeunes ont besoin de réponses sur leur avenir à court terme !

Après la forte mobilisation de 2015 qui a permis de mettre en échec un plan de suppression de 19 postes de travail, les jeunes usagers, les salariés dont les représentants du personnel sont de nouveau très inquiets en 2020. Le climat anxiogène actuel est accentué au CIDJ par la forte incertitude pesant sur la localisation du CIDJ au 1er janvier 2021.
En effet, en raison de la préparation des JO 2024, la Ville de Paris récupère les locaux de 4 000 m² qu’elle mettait gratuitement à disposition du CIDJ de longue date. Celui-ci a été informé il y a deux ans de cette décision. Or depuis aucune solution pérenne de remplacement n’a été trouvé pour localiser le CIDJ qui doit désormais quitter les lieux dans deux mois.

Les 77 emplois seront-ils tous maintenus dans ces conditions ? Nul ne le sait.

L’État, autorité de tutelle du CIDJ, doit jouer son rôle !

Au lieu de cela le gouvernement tente de profiter de cette aubaine pour continuer à se décharger du coût de cet organisme national sur les collectivités locales. Cela entre aussi certainement dans sa politique globale de privatisation de l’orientation via le démantèlement de l’ONISEP et de la formation.

La Région qui pourrait faire des propositions et prendre sa part regarde ailleurs. Pire elle a diminué d’un tiers la subvention versée au CIDJ la faisant passé de 300 000 € en 2014 à 200 000 euros en 2020… après l’avoir totalement supprimée de 2015 à 2018 !

Si ce n’est pas à la Ville de Paris, seule, d’assumer cette responsabilité, Convergence Services Publics Paris insiste pour qu’elle intensifie son soutien, et fasse tous les efforts nécessaires pour qu’une solution pérenne puisse être trouvée le plus rapidement possible. Elle l’a fait en bien des domaines plus complexe où l’État se désengageait comme celui des mineurs isolés.

Il serait absurde que la mission de services publics assurée par le CIDJ s’arrête à cause de la panne d’une gouvernance tripartite. Convergence Services Publics Paris demande expressément à L’État et à la région de retrouver le sens de l’intérêt général en jouant pleinement leur rôle. Convergence Services Publics Paris insiste auprès de l’État, de la Région et de la Ville sur l’urgence de trouver au plus vite une solution afin que le CSE puisse être rapidement informé et consulté, et que le CA puisse assumer son rôle décisionnel.

La Convergence Services Publics exige le maintien des emplois.

La Convergence ne peut déplorer que l’inconséquence du gouvernement se répercute ainsi sur notre jeunesse : de nombreux jeunes ont besoin du CIDJ qui s’efforce depuis cinquante ans d’encourager l’égalité des chances. Laisser planer des doutes sur le devenir du CIDJ et ses employés, c’est obérer l’avenir de jeunes, les priver de ressources si utiles au moment où l’on se fraie une voie vers l’âge adulte et citoyen.

Pierre Laurent, sénateru de Paris a interpellé le M. le ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports pour lui demander que l’État, la région Île-de-France et la ville de Paris élaborent ensemble un projet pérenne permettant la sauvegarde de l’offre du centre actuel concernant les questions d’orientation et d’emploi et les 77 emplois afférents.

 

 

Pour la réouverture des « boites jaunes » en Haute-Saône

Pour  la réouverture des « boites jaunes » en Haute-Saône

Le Comité de Vigilance et de défense des services publics de proximité de Haute-Saône (CV70) vient d’être informé  de la suppression, en peu de temps, de trois boites de relevage du courrier de La Poste (boites jaunes-BAL), à Amblans, à  Mesley et à Lure. Mais sont elles seules ?

En pleine période de crise sanitaire, c’est encore un service public de proximité qui disparaît !
Après les manquements en matinée d’ouverture de guichets et de distribution régulière que CV70 a récemment dénoncés, il n’est pas seulement stupéfait, mais il est scandalisé par l’indécence de ces décisions.

Car c‘est encore les usager·e·s des secteurs géographiques éloignés, en difficultés, à  mobilité réduite, sans accès ou équipements numériques qui vont souffrir de cette réduction de service public.

D’avance nous connaissons les arguments : ce n’est pas rentable, il y a peu de dépôt (cela reste à  prouver).

Et alors !
Le CV 70 demande aux dirigeant·e·s de la Poste, aux élu·e·s s’il y a des usagers de seconde zone ? Que suivant leurs moyens, leurs lieux d’habitation, leur âge, les usager·e·s devraient être mal servis dans tous les domaines : santé, transport, accès aux administrations et services, communication … ?

Le CV 70 pense justement que le service public est précisément là  pour réduire toutes les inégalités d’accès, c’est dans ce sens qu’il intervient avec opiniâtreté depuis de nombreuses années auprès de tous les acteurs des services publics de proximité du territoire. Pour cela il faut du personnel en nombre suffisant avec des conditions de travail décentes.

Il demande que  l’accès aux « boites jaunes » soit rétablit partout. Et que dans tous les cas il y ait une concertation avec les usagers et leurs représentants·e·s.

Un riche débat à Paris pour vivent les Services Publics et la Sécurité Sociale

Ce samedi 14 novembre 2020 était organisée une visioconférence « pour que vivent les Services Publics et la Sécurité Sociale ». Initialement prévue à la Bourse de Paris, elle s’est tenue en ligne, permettant à chacun de suivre et participer aux discussions, en étant retransmise sur Facebook.
L’objectif de cette conférence et de « Convergence 75 », est de fédérer toutes les forces syndicales et associatives de notre pays dans une lutte pour la sauvegarde et la promotion de notre système de Sécurité Sociale. Voici quelques traces de ces échanges.

La « Sécu » a 75 ans cette année. Mise en place en 1945 par Ambroise Croizat, député communiste, elle a pour objectif de « protéger des aléas de la vie de la naissance à la mort » et de « mettre fin aux féodalités financières ». Prenant ses racines dans les mutualités ouvrières et basée sur les cotisations issues du travail, la Sécurité Sociale est gérée dans un principe de solidarité et de démocratie sociale : chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. Son budget annuel est de 550 milliards d’euros et permet d’intervenir sur quatre branches fondamentales : la santé, la retraite, la famille et l’emploi. Cette institution et son indépendance sont menacées par le système néolibéral porté par notre gouvernement et quelques-uns des précédents.

À l’heure actuelle, il s’agit de se mobiliser contre le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS), reconquérir les acquis perdus mais aussi continuer à lutter pour de nouveaux acquis : un objectif commun à toutes les forces en présence ce jour est par exemple celui d’obtenir une couverture sociale à 100 % de tous les aléas de la vie. Un autre est d’obtenir ce même financement pour la prévention (travailler par exemple sur la santé environnementale ou la violence faite aux enfants.) Un autre encore est celui d’adosser à nouveau le financement de la Sécu aux richesses produites dans le pays, c’est-à-dire aux cotisations sociales.

Les nombreuses interventions du jour permettent de redéfinir la liste des actions et choix politiques d’hier et d’aujourd’hui qui concourent à liquider le système de couverture sociale en place. Parmi les menaces les plus récentes, notons :
• la bascule de la dette Covid sur le budget de la Sécurité Sociale plutôt que son inscription dans la dette de l’État .

• une réduction toujours plus importante des cotisations sociales et un financement par des impôts tels que la CSG ou la TVA (impôt le plus inique qui soit et qui, de plus aligne l’état de la Sécurité Sociale sur une surenchère de la consommation, contre-productive tant sur le plan environnemental que sanitaire).
Cette fiscalisation de la Sécu est accélérée par le gouvernement Macron, l’objectif étant à terme un « filet de protection » (relevant de la charité) financé par l’impôt pour les plus démunis et la nécessité pour les autres de souscrire des assurances privées.

• la création d’une 5ème branche pour la prise en charge du handicap et de la perte d’autonomie, ces dernières étant exclues de la branche « santé », comme si elles n’étaient pas elles aussi des « aléas de la vie ». Cette 5ème branche ne serait pas financée par les cotisations mais à 90% par la CSG (un impôt), ce qui signifie qu’elle serait gérée par l’État et non pas par les travailleurs.

À noter que le montant des exonérations fiscales aux entreprises en 2020 atteint 75 à 90 milliards quand le déficit de la Sécurité Sociale s’élève à « seulement » 40 milliards…

• la persistance du projet de réforme des retraites pour un système à points : celui-ci n’est qu’ajourné du fait de la ‘crise sanitaire’.
Là encore, les propositions retenues par l’État sont l’allongement de la durée de cotisation pour les travailleurs et la baisse des pensions, alors qu’une augmentation des cotisations sociales n’est jamais considérée, ainsi qu’une fiscalisation des bénéfices des actionnaires. Il s’agit au contraire de définir les prestations voulues et de planifier les cotisations nécessaires en conséquence !

• des budgets toujours révisés à la baisse pour les hôpitaux, à qui l’on impose de faire des économies (puisque les recettes sont réduites…) : 3400 lits fermés en 2019, 8000 sur les quatre dernières années. Actuellement nous disposons de 6000 lits de réanimation en France, quand l’Allemagne en possède 15000.

Le PLFSS 2021, en ce moment voté au Parlement, ne répond pas à la crise actuelle et ne répond pas aux attentes des professionnels de santé. Au contraire, il condamne notre système de santé dans une logique destructrice : limiter les dépenses en fonction des objectifs financiers (4 milliards d’économies sont demandées pour 2021, dont 800 millions pour l’hôpital). Ainsi, les créations de postes, les ouvertures de lits, les augmentations de salaires demeurent impossibles puisque les moyens sont sans cesse réduits.

Il est primordial d’informer tous les citoyens de ces états de fait. Les mobilisations sociales ne sont pas assez fortes actuellement pour stopper le bulldozer du néolibéralisme dont les forces, du fait de la crise sanitaire actuelle, ne font que croître pour aboutir à « la stratégie du choc » (théorie définie par Naomi Klein) : il y a une volonté de la part du système néolibéral de fabriquer une dette (celle de la crise COVID) qui justifiera la remise en cause totale de notre système de couverture sociale.

La suppression de lits dans les hôpitaux, la fermeture des urgences de l’Hôtel Dieu, la mise en place du forfait de 18 euros pour les consultations aux urgences qui ne déboucheront pas sur une hospitalisation (à l’heure où la carence de soins est telle que 10 % de la population n’a pas de médecin traitant), la privatisation des EHPAD, la disparition progressive de la médecine du travail et de la médecine scolaire… sont autant de chevaux de bataille à enfourcher en urgence.

Mais le combat de fond pour lequel nous devons tous nous unir sans relâche est celui du maintien de la démocratisation de la couverture sociale, pour qu’elle redevienne un pilier de la société. Nous devons alerter haut et fort sur le fait que l’individualisation isole face à la bureaucratie et qu’il nous faut donc absolument revenir à des droits collectifs, seules garanties de l’accès aux droits pour tous !!

Pour ce faire il semble important de redonner aux jeunes un regard philosophique, historique et concret sur le système de Sécurité Sociale qui est le nôtre. Ne pas oublier l’histoire de sa mise en place en 1945 dans un but de solidarité, de démocratie et d’émancipation, et la définition essentielle de la santé donnée par l’OMS lors de sa création : La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité (préambule1 de 1946 à la Constitution de l’Organisation Mondiale de la Santé).

Enfin, il faut rester optimiste et savoir que le combat continue et porte ses fruits : création de la CMU et de la CMU complémentaire, maintien pour l’instant des cotisations sociales à 46 % du salaire brut, par exemple (c’est peu, mais c’est au moins ça !).

La conférence s’achève sur une liste d’actions à mener pour poursuivre et intensifier la lutte :
• S’approprier l’appel de Saint Étienne :
• Bien identifier que la richesse de la nation est la production des travailleurs (le PIB c’est nous, pas le capital)
• Mettre en œuvre rapidement une action pour dire « NON » au forfait de 18 euros
• Travailler ensemble dans le sens de la prévention (des risques au travail, pour la santé environnementale, face aux violences faites aux enfants…).
• Maintenir une synergie pour informer le maximum de gens et qu’ils se mobilisent :
organiser d’autres débats, diffuser le plus possible les résumés de ceux-ci, animer des ateliers thématiques
• Se maintenir informés du mieux possible des nouveaux financements mis en place pour la Sécurité Sociale et refaire un point précis sur ceux-ci.
• Avancer sur de nouvelles conquêtes sociales, pour une couverture à 100% des aléas de la vie, pour tous, financée par les cotisations, dans une émancipation vis à vis des complémentaires santé (mutuelles) et dans une véritable démocratie sanitaire et sociale.

Lisons ! Documentons-nous ! Discutons ! Imaginons ! Rêvons !

Annexes

 

Pour plus d’informations :

film La Sociale, de Gilles Perret
appel de St Étienne
pétition « Plus jamais ça ! »
Lettre aux députés, sénateurs et groupes parlementaires du 9 novembre 2020 (Intersyndicale des retraités)
• Sur le site « Réseau salariat »

• livret CGT « Pour une Sécurité Sociale du 21e siècle : enjeux et propositions »
• retransmission des tables rondes de la CGT du 7 octobre 2020 pour les 75 ans de la Sécurité Sociale
« La Sécurité Sociale, plus essentielle que jamais ! » sur le site de la CGT
« La Sécurité Sociale, une mesure révolutionnaire » sur le site de la Gauche Républicaine

 

Dossier réalisé par Patricia Amar et Véronique Pupier