Rénover l’école publique : une priorité !

Rénover l’école publique : une priorité !

Le projet de loi de finances 2026 (PLF) présenté par le gouvernement Lecornu est une nouvelle occasion ratée pour investir dans la transition écologique et pour faire avancer la justice sociale. On note en particulier que les  recettes provenant d’une contribution des plus riches ne s’élèvent qu’à 6 milliards d’euros alors qu’on sait que 5 mesures fiscales pourraient rapporter 69 milliards de recettes en plus chaque année. Faute de nouvelles recettes pour le budget de l’État, le PLF prévoit de nouvelles coupes des dépenses pour les services publics et des investissements pour la justice sociale. 

L’École publique n’y échappe pas – bien au contraire. La rénovation du bâti scolaire se trouve une fois encore victime des coupes prévues pour le Fonds vert : après une baisse de 54 % l’année dernière, les autorisations d’engagement de cette enveloppe indispensable pour la mise en œuvre de la transition écologique sur les territoires chutent à 650 millions d’euros pour 2026 – alors que le Fonds vert était encore doté de 2,5 milliards d’euros en 2024. Déjà aujourd’hui, les bâtiments scolaires subissent des manques d’investissement chroniques, alors que d’ici 2030, près de 10 millions d’élèves vont être exposés à des épisodes de fortes chaleurs, de 2 à 5 fois plus souvent que pendant la période 1976-2005.

À travers le pays, l’état du bâti scolaire se dégrade. Comme l’Alliance écologique et sociale l’a montré dans son dernier rapport, “L’École bien dans ses murs. Pour une rénovation écologique du bâti scolaire” les écoles et établissements vieillissent, plus d’un bâtiment sur dix est même vétuste. 

La solution est claire : il faut investir massivement dans la rénovation de nos écoles. Rien que pour le bâti scolaire, l’Alliance écologique et sociale appelle à un investissement à hauteur de 5 milliards d’euros par an pendant dix ans.

Une réforme de la fiscalité permettrait de bénéficier de financements. Plusieurs propositions pour une taxation plus juste ont été avancées dans le rapport de l’AES sur le bâti scolaire. Par exemple, un tiers des recettes d’un ISF climatique suffirait pour financer les travaux de rénovation. Ou la restauration de l’ISF qui a dégagé 6,3 milliards d’euros de recettes en 2021.

Ces investissements sont également indispensables pour la transition écologique et pour respecter les engagements écologiques pris par la France de réduction nécessaire des gaz à effet de serre. Ils permettraient également de faire baisser la facture énergétique des communes, souvent à hauteur de plus de 60 %.

C’est pourquoi les associations et syndicats membres de l’Alliance écologique et sociale appellent les parlementaires à défendre des investissements pour la rénovation des écoles lors des débats budgétaires. Il est plus que jamais urgent d’investir dans l’écologie et dans le service public d’éducation de façon pérenne et dans la durée. Le budget pour l’année prochaine doit être une occasion pour faire avancer la justice fiscale, écologique et sociale. Saisissons-nous en !

Bétharram, Garaison et consorts : urgence pour la jeunesse

Bétharram, Garaison et consorts : urgence pour la jeunesse

 

Après les drames survenus à Bétharram et dans d’autres écoles privées catholiques, plusieurs organisations, dans le cadre du Collectif pour l’école publique laïque, la Convergence exige de l’État une réponse à la hauteur

 

Depuis 1957, plus de cent victimes ont déclaré avoir subi des violences physiques et sexuelles au sein de l’institution privée catholique sous contrat Notre Dame de Bétharram. Ces faits illustrent l’ampleur des violences sexuelles faites aux enfants dans notre société et l’omerta qui l’entoure.

Au delà de l’aspect paroxystique du scandale Bétharram, se révèlent au grand jour depuis des mois des conceptions de l’éducation de certains établissements privés sous contrat, contraires à la dignité humaine et à l’émancipation. Nous ne pouvons que constater de la part de ces établissements, l’affirmation systématique de leur « caractère propre » conféré par la loi Debré, pour légitimer le mise en œuvre de ces conceptions.

Le code de l’éducation prescrit «qu’outre la transmission des connaissances, la Nation fixe comme mission première à l’école de faire partager aux élèves les valeurs de la République. Le service public de l’éducation fait acquérir à tous les élèves le respect de l’égale dignité des êtres humains, de la liberté de conscience et de la laïcité. Par son organisation et ses méthodes, comme par la formation des maîtres qui y enseignent, il favorise la coopération entre les élèves. Dans l’exercice de leurs fonctions, les personnels mettent en œuvre ces valeurs. »

 

L’État doit rompre les contrats des établissements qui ne respectent pas ces ambitions et ce cadre réglementaire, quelle que soit leur affiliation cultuelle. L’autorité de l’État doit s’exercer immédiatement par des contrôles vraiment renforcés, y compris dans tous les domaines de la vie scolaire de ces établissements. Les annonces ministérielles de contrôles favorisant la protection physique des élèves sont un premier pas, insuffisant et incomplet. Elles témoignent d’une absence de volonté de remettre en cause les contrats d’associations consubstantiels aux dérives de certains établissements, pourtant financés généreusement par l’État et les collectivités territoriales. Ces contrôles négociés avec le privé pendant que les faveurs de financement continuent de pleuvoir (exonération de taxe d’habitation 2025 par exemple) témoignent d’une forme de duplicité et de connivence idéologique pérenne de responsables politiques. Pas un centime de financement public ne peut continuer à être utilisé contre la jeunesse, contre sa sécurité, contre son émancipation par les savoirs et la raison.

Des hauts fonctionnaires évoquent dans la presse des consignes historiques de « tolérance » ou d’ignorance des dérives du privé sous contrat, depuis des décennies. L’État a failli à sa mission protectrice de la jeunesse. La commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale a décidé de se doter des pouvoirs d’une commission d’enquête sur  » les modalités du contrôle par l’État et de la prévention des violences dans les établissements scolaires « . Il est impératif qu’elle établisse en toute transparence la chaîne complète des responsabilités laissant prospérer de telles violences et de tels cadres éducatifs.

Début 2024 nous lancions cet appel: « École de toute la jeunesse, l’École publique, laïque, gratuite et obligatoire doit être LA priorité du pays. Redonner espoir et ambitions à toute la jeunesse, nécessite de concrétiser partout ses visées émancipatrices. »

Seule l’école publique laïque réalise partout, pour toute la jeunesse, les ambitions intellectuelles, civiques et sociales que le pays lui assigne avec un contrôle institutionnel fort et légitime. Le financement collectif du séparatisme moral, social et scolaire n’est pas acceptable. L’argent public doit aller à la seule École publique. La jeunesse, le pays en ont besoin.

Composition du collectif : Union Syndicale Lycéenne, L’Union étudiante, FSU, FCPE, UNSA éducation, CGT Educ’action, SUD éducation, CNAL (Comité National d’Action Laïque), la Ligue de l’enseignement, Fédération nationale de la libre pensée, Comité de réflexion et d’action laïque CREAL 76, Fédération nationale des FRANCAS, UFAL Union des Familles Laïques, EGALE (égalité, laïcité, Europe), Solidarité Laïque, Convergence Nationale des collectifs de défense et de développement des Services Publics.

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